Le secteur automobile du Nouveau-Brunswick « s’enlise » dans la guerre commerciale
Un constructeur d’ambulances et de véhicules adaptés au Nouveau-Brunswick dit déjà subir les effets de la guerre commerciale lancée contre le Canada par les États-Unis.
Malley Industries, basé à Dieppe, vend ses véhicules des deux côtés de la frontière. Ses activités sont perturbées et compliquées par les tarifs et par les contre-tarifs, a expliqué en entrevue le chef de la direction de cette entreprise, Terry Malley.
Des tarifs douaniers s’appliquent désormais à ses ventes aux États-Unis.
La plus grande frustration est de devoir éduquer nos clients américains
, déclare Terry Malley. On doit leur faire savoir que nos prix n’ont pas changé, que ces coûts supplémentaires sont causés par leur gouvernement.

Terry Malley
Photo : fournie par Terry Malley
Malley Industries a déjà livré quelques véhicules aux États-Unis avant l’imposition des tarifs. Des clients lui demandent maintenant de retarder leurs livraisons dans l’espoir que les droits de douane disparaîtront un jour.
Terry Malley dit avoir un bon stock de véhicules qui ont été assemblés avant que les tarifs ne rendent plus chères les livraisons aux clients américains.
Si cette guerre économique dure, prévient-il, il n’aura d’autre choix que de vendre ses produits plus cher. Ses véhicules utilisent des châssis de Stellantis et Ford, respectivement fabriqués au Mexique et aux États-Unis.

Ron Marcolin est vice-président divisionnaire de l'Association des manufacturiers et exportateurs canadiens au Nouveau-Brunswick.
Photo : CBC
Malley Industries n’est pas la seule entreprise automobile de la province à avoir livré des véhicules à la hâte aux États-Unis avant l’entrée en vigueur des tarifs, souligne Ron Marcolin, vice-président divisionnaire de l'Association des manufacturiers et exportateurs canadiens au Nouveau-Brunswick.
Il qualifie les tarifs douaniers de matrice géante
que personne n’a encore réussi à comprendre
.
Des documents doivent être remplis avant le passage à la frontière, mais tout le monde, y compris les douaniers, apprend au fur et à mesure ce qui est sujet à des tarifs.
On perd beaucoup de temps avec toute cette paperasse
, dit Ron Marcolin. Et le coût est atroce.
Pour le dire franchement, on perd un temps précieux et on s’enlise quand on pourrait faire du libre-échange
, se vexe-t-il.
Garder un stock de véhicules n’est pas non plus l’idéal, note-t-il, parce qu’il y a des coûts d’entreposage, les assurances et la dépréciation des véhicules.
Terry Malley pense que les mises à pied qui ont déjà commencé aux États-Unis ainsi que d’éventuelles fermetures d’usines vont forcer le gouvernement américain à réagir au mécontentement des électeurs.
Il fait remarquer que plusieurs de ses concurrents aux États-Unis écopent aussi durant cette guerre commerciale parce qu’ils importent de l’acier du Canada.

Une ambulance au Nouveau-Brunswick. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sarah Déry
Le président de Malley Industries maintient qu’il demeure optimiste. Ses clients canadiens le gardent occupé, dit-il.
Son entreprise emploie 80 personnes et n’a pas l’intention de procéder à des mises à pied pour le moment.
Les entreprises au Canada atlantique sont habituées à gérer des périodes difficiles
, déclare Terry Malley. On a survécu à Trump avant, je pense qu’on survivra encore. On sera encore là longtemps après lui.
D’après le reportage de Jennifer Sweet. de CBC
Advertising by Adpathway




